La Fondation africaine pour le renforcement des capacités (ACBF) s’est jointe aux gouvernements, aux organisations de la société civile, aux groupes de jeunes et aux acteurs mondiaux de la santé à Genève du 17 au 22 novembre 2025 pour la onzième session de la Conférence des Parties (COP11) de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.
La conférence s'est conclue par une série de décisions qui réaffirment l'engagement mondial en faveur de la réduction du tabagisme et de la protection de la santé publique. Elle fournit un cadre essentiel pour lutter contre les méfaits du tabac.

Bien que la Convention établisse des normes internationales, son efficacité en Afrique dépend de la solidité des institutions chargées de sa mise en œuvre et de son application. Les progrès du continent continueront de reposer sur les systèmes, les compétences et les structures de leadership qui traduisent les engagements en actions concrètes et durables.
Dans de nombreux pays africains, les nouveaux produits nicotinés se développent, l'exposition des jeunes augmente et les défis transfrontaliers exigent des réponses coordonnées. La croissance démographique accentue l'urgence, des millions de jeunes atteignant l'âge adulte au moment où l'influence de l'industrie se perfectionne. Cette réalité fait de la résilience institutionnelle l'une des priorités de santé publique les plus cruciales en Afrique.
Depuis plus d'une décennie, l'ACBF soutient les gouvernements, les organisations de la société civile, les groupes de réflexion et les pôles régionaux de connaissances dans le développement des capacités institutionnelles et humaines nécessaires à la mise en œuvre de la Convention.
Ce soutien reflète le mandat plus large de l’ACBF en tant qu’agence spécialisée de l’Union africaine pour le renforcement des capacités et renforce l’idée qu’une lutte antitabac durable est indissociable de systèmes solides, de professionnels qualifiés et d’une gouvernance coordonnée.
Le travail de l’ACBF vise à renforcer les capacités institutionnelles et humaines en soutenant les organisations de la société civile, les groupes de réflexion, les pôles régionaux de connaissances et les systèmes nationaux par le biais de formations, de données probantes, d’outils et de mécanismes de coordination qui renforcent la mise en œuvre effective de la Convention.
Cette approche s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et soutient les engagements mondiaux pris dans le cadre des Objectifs de développement durable, qui placent tous deux des institutions compétentes et des systèmes de santé publique solides au cœur des aspirations de développement à long terme de l’Afrique.
Le savoir demeure un pilier essentiel de la lutte antitabac efficace. L’ACBF a soutenu la production et la diffusion de plus de 300 ressources documentaires relatives à la lutte antitabac, offrant aux décideurs, aux chercheurs et aux militants des données, des orientations et des éléments probants qui éclairent les mesures réglementaires et renforcent les efforts de sensibilisation du public.

L’ACBF a renforcé les capacités de plus de 100 organisations de la société civile et centres de recherche, soutenu plus de 20 pays dans l’adoption ou la mise en œuvre de politiques de lutte antitabac et mobilisé plus de 60 groupes de réflexion pour des actions de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la recherche sur la lutte antitabac. La Fondation a également formé plus de 20 professionnels de la lutte antitabac, contribuant ainsi à des systèmes plus robustes, à une meilleure coordination et à une mise en œuvre durable dans tous les pays.
Ces résultats démontrent que le renforcement des capacités est une voie pratique et éprouvée pour les pays qui cherchent à faire progresser la lutte antitabac, à protéger les jeunes et à renforcer les priorités nationales en matière de santé.

La COP11 a offert une tribune opportune pour souligner l'importance de ces contributions. Alors que les parties examinaient les progrès accomplis à l'échelle mondiale et envisageaient de nouvelles mesures pour encadrer les nouveaux produits, l'ACBF a insisté sur le fait qu'un investissement soutenu dans les capacités institutionnelles est essentiel à une mise en œuvre efficace. Les pays ont besoin de continuité, d'équipes compétentes et de systèmes coordonnés pour faire appliquer la réglementation, contrôler les pratiques industrielles et protéger les populations contre les produits nocifs.
Tout au long de la semaine, la délégation de l'ACBF a rencontré des représentants gouvernementaux, des jeunes, des ONG et des partenaires techniques, réaffirmant ainsi le rôle de la Fondation en tant que chef de file continental en matière de renforcement des capacités pour la lutte antitabac. Sur le stand de l'ACBF, les délégués ont pu consulter le rapport annuel 2024, les ressources documentaires élaborées sur les questions liées à la lutte antitabac et les outils qui ont soutenu les gouvernements et les organisations à travers l'Afrique.
D’après les observations réalisées pendant l’événement, le stand de l’ACBF a accueilli en moyenne 80 visiteurs par jour, ce qui en fait l’un des plus fréquentés de la COP11. Ce fort engouement témoigne du vif intérêt suscité par le travail de l’ACBF en matière de lutte antitabac et de renforcement des capacités en Afrique. Des délégations de plusieurs pays africains, ainsi que d’Amérique latine, de Chine, de France, du Canada et d’Espagne, ont manifesté un intérêt particulier pour les programmes et les initiatives de renforcement institutionnel de l’ACBF.
Un événement parallèle organisé par l'ACBF a présenté des exemples de renforcement institutionnel mis en œuvre par des partenaires régionaux. Cette session a illustré comment un renforcement ciblé des capacités améliore la crédibilité, la durabilité et l'influence politique, démontrant ainsi les résultats concrets d'un investissement à long terme dans le renforcement institutionnel.
La participation à la COP11 a été large, avec des représentants des gouvernements, des ONG, des jeunes et des observateurs contribuant aux discussions et aux sessions parallèles sur les questions centrales de la Convention. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) demeure le premier traité de santé publique négocié sous l’égide de l’OMS, avec 183 États parties représentant 90 % de la population mondiale. Elle offre un cadre juridique et des mesures complètes, allant des grands avertissements illustrés aux lois antitabac et à l’augmentation des taxes sur le tabac, des mesures qui ont déjà permis de sauver des millions de vies.
Pour l’Afrique, le plein potentiel du traité ne pourra se réaliser que lorsque les institutions seront suffisamment fortes pour l’appliquer de manière cohérente et durable. C’est là que le mandat de l’ACBF rejoint le plus clairement les priorités mondiales en matière de santé et de développement.

La lutte antitabac efficace en Afrique exige des institutions solides, des professionnels qualifiés et une collaboration soutenue. Si la Convention fournit des orientations, les progrès à long terme dépendent des systèmes et des personnes chargés de sa mise en œuvre.
L’ACBF demeure déterminée à soutenir les pays et les organisations régionales dans leurs efforts pour renforcer leurs fondements institutionnels, développer leurs capacités et investir dans une mise en œuvre durable. L’avenir de la lutte antitabac en Afrique dépendra de la solidité de ses systèmes et des investissements à long terme réalisés aujourd’hui pour protéger les générations présentes et futures.