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La formation, d’une durée de trois jours, s’est tenue à Addis-Abeba en Éthiopie du 26 au 28 novembre 2025. Elle a réuni 18 jeunes professionnels africains francophones autour de sessions en salle et d’une immersion institutionnelle auprès de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et de la Commission de l’Union africaine, complétée par des échanges avec le groupe des ambassadeurs des pays africains francophones accrédités à Addis-Abeba.

Le programme a été mis en œuvre dans le cadre de la deuxième cohorte du partenariat entre la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique et l’Organisation internationale de la Francophonie.

Les participants représentaient plusieurs régions du continent, notamment l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Ils étaient originaires du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, des Comores, du Congo, de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la Guinée, de la Guinée équatoriale, du Mali, de Maurice, du Mozambique, du Niger, du Sénégal, du Tchad et du Togo.

La clinique visait à renforcer la compréhension du système multilatéral et des mécanismes de coopération internationale, en particulier ceux portés par la Francophonie, l’Union africaine et les Nations Unies.

Pape Félou Diallo, formateur et expert de l’ACBF ayant animé l’atelier, a expliqué que cette démarche marque une évolution, passant d’un entrepreneuriat inscrit dans des cadres strictement nationaux à des modèles capables d’opérer au-delà des frontières institutionnelles et géographiques.

Il a précisé que les visites institutionnelles figuraient parmi les principales innovations de cette deuxième édition.

Nous ne parlons plus d’un entrepreneuriat limité à un seul pays ou à un espace restreint, mais d’un entrepreneuriat qui s’inscrit dans un environnement multilatéral élargi,

Pape Félou Diallo,
Formateur et Expert de l’ACBF
pape

La formation associe entrepreneuriat, diplomatie, gouvernance, communication et gestion de projets, tout en offrant une exposition directe aux institutions qui façonnent les politiques publiques et les processus décisionnels à l’échelle continentale.

Addis-Abeba, qui abrite le siège de l’Union africaine ainsi que plusieurs agences des Nations Unies, a offert un cadre d’apprentissage concret. Les participants ont pu observer le fonctionnement des institutions multilatérales au-delà des sommets publics et des déclarations officielles, et mieux comprendre les mécanismes de coordination interne, les processus de négociation et les dynamiques institutionnelles.

De l’apprentissage au leadership

Lacine Diabaté, participant originaire du Mali, responsable de la communication et du marketing au sein du groupe Umaru à Bamako, a indiqué que la formation avait profondément transformé sa manière d’aborder le leadership ainsi que la prise de décision dans les environnements institutionnels.

Le programme a changé ma vision du leadership, que je perçois désormais comme un état d’esprit centré sur la transformation, la résilience et la capacité à inspirer les autres. Ce n’est plus une question de titre, mais de la manière de réagir face aux défis et d’exercer une influence positive. .

Lacine Diabaté
Responsable de la communication et du marketing au sein du groupe Umaru à Bamako

Selon Diabaté, cette évolution se reflète aujourd’hui dans sa façon de gérer les équipes, de communiquer avec les parties prenantes et d’analyser les défis organisationnels au quotidien. Il a ajouté que la formation a renforcé sa capacité à transformer les contraintes en opportunités et à agir avec un sens plus clair de la finalité dans des environnements institutionnels complexes.

Selon Diabaté, cette évolution se reflète aujourd’hui dans sa façon de gérer les équipes, de communiquer avec les parties prenantes et d’analyser les défis organisationnels au quotidien. Il a ajouté que la formation a renforcé sa capacité à transformer les contraintes en opportunités et à agir avec un sens plus clair de la finalité dans des environnements institutionnels complexes.

Pour Selvana Mootien, chargée de programme à l’Indian Ocean Rim Association, la valeur du programme résidait avant tout dans l’exposition concrète à des institutions qu’elle connaissait jusque-là principalement dans un cadre académique, notamment en matière de gouvernance institutionnelle.

Comprendre le multilatéralisme en pratique

Voir comment ces institutions fonctionnent de l’intérieur permet de comprendre les coulisses des organisations multilatérales, là où le travail s’effectue au-delà des sommets, des réunions ministérielles et des communiqués

Selvana Mootien
Chargée de programme à l’Indian Ocean Rim Association

Selon elle, les sessions d’immersion à la Commission de l’Union africaine et à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, ainsi que les échanges avec le groupe des ambassadeurs, ont modifié sa perception du multilatéralisme, à un moment où sa pertinence est de plus en plus questionnée à l’échelle mondiale.

« Cette expérience m’a permis de mieux percevoir le potentiel des institutions multilatérales, en particulier dans un contexte où les approches bilatérales sont souvent présentées comme des alternatives », a-t-elle souligné.

Mootien a indiqué que la formation influence déjà son activité professionnelle. Dans le cadre de ses fonctions liées à la gouvernance institutionnelle, une compréhension plus fine des structures et des mécanismes décisionnels de l’Union africaine lui permet désormais d’analyser plus efficacement les cadres de coopération et les interactions entre l’Union africaine et les communautés économiques régionales. Cette lecture plus précise éclaire l’identification de domaines de collaboration potentiels dans ses travaux en cours.

Elle a également insisté sur l’importance du choix du lieu, estimant que la concentration, à Addis-Abeba, d’institutions continentales, de missions diplomatiques et d’organisations internationales a renforcé l’immersion et la qualité de l’apprentissage.

Les deux participants ont indiqué que la formation avait renforcé leur intérêt pour la gouvernance, l’intégration régionale et la coopération institutionnelle.

Diabaté a précisé que cette exposition a conforté son ambition de contribuer à l’amélioration des cadres juridiques et économiques en s’appuyant sur une expérience multilatérale.

Mootien a, pour sa part, souligné la nécessité de rendre les carrières dans la diplomatie et au sein des institutions multilatérales plus visibles et plus accessibles aux jeunes, en particulier dans les pays francophones et les États insulaires.

Le programme s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui met l’accent sur des institutions performantes, un capital humain qualifié et la participation des jeunes comme piliers du développement à long terme du continent.

Préparer de jeunes professionnels au leadership multilatéral

Le renforcement des capacités des jeunes professionnels afin qu’ils puissent évoluer efficacement dans des environnements multilatéraux apparaît essentiel, alors que l’Afrique fait face à un ordre mondial de plus en plus complexe et multipolaire.

À l’issue de la formation, les participants avaient acquis des compétences leur permettant d’intervenir dans des cadres multilatéraux et de concevoir des solutions innovantes tenant compte de la diversité culturelle et linguistique.

Ils ont également noué des réseaux professionnels favorisant la collaboration et le partage de connaissances entre pays et institutions.

Selon Diallo, l’engagement des participants est resté élevé tout au long des sessions, avec des stagiaires fortement impliqués dans les échanges et les exercices pratiques.

Il a estimé que la prochaine phase du programme devrait inclure un suivi structuré après la formation, des dispositifs de mentorat et un renforcement des liens entre participants actuels et anciens afin de garantir un impact durable.

Ruramai Marandu, chargée de programme à l’ACBF, a indiqué que les visites institutionnelles figuraient parmi les composantes les plus marquantes de la clinique.

Voir les participants interagir directement avec la Commission de l’Union africaine et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique a constitué un moment fort. Même sur une période relativement courte, le programme façonne déjà leur perception de leurs parcours professionnels futurs, de leurs trajectoires entrepreneuriales et de leur engagement auprès des institutions multilatérales.

Ruramai Marandu
Chargée de programme à l’ACBF

Chargée de programme à l’Indian Ocean Rim Association

Dans ces vidéos de témoignages, les participants ont partagé leurs réflexions sur la valeur du dialogue et les leçons tirées de la collaboration entre pairs :

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