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Lors de la Conférence mondiale sur la lutte antitabac de 2025 à Dublin, en Irlande, les dirigeants mondiaux de la santé ont renouvelé leur appel à l'action par le biais de la Déclaration de Dublin. Elle énonce cinq priorités claires : augmenter les taxes sur le tabac, lutter contre l'ingérence de l'industrie, interdire la publicité et le parrainage, lutter contre les dommages environnementaux et renforcer la collaboration intersectorielle. Cette déclaration reflète l'urgence partagée de mettre fin à l'épidémie mondiale de tabagisme. Le principal déficit du continent ne réside pas dans l'ambition, mais dans les capacités institutionnelles.

Pour l'Afrique, cependant, concrétiser cette vision exige plus que des engagements audacieux. Il faut également bâtir des institutions solides, coordonnées et durables, capables de concevoir, de mettre en œuvre, de suivre et d'appliquer les politiques de lutte antitabac.

Combler le fossé de la mise en œuvre en Afrique

Malgré une dynamique croissante sur le continent, un important déficit de mise en œuvre persiste. Si 44 pays africains ont ratifié la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), seuls quelques-uns, comme l'Éthiopie, Maurice et le Ghana, ont réalisé des progrès significatifs dans le déploiement des mesures MPOWER.

De nombreux pays sont encore confrontés à :

  • Faible coordination interministérielle dans la mise en œuvre de la CCLAT.
  • L’expertise technique et les outils nécessaires pour surveiller la fiscalité, lutter contre le commerce illicite ou faire respecter les interdictions sont insuffisants.
  • Programmes nationaux de lutte antitabac sous-financés, souvent dépendants de financements externes à court terme.
  • Intégration limitée de la lutte antitabac dans les plans nationaux de développement, les systèmes de santé et les stratégies d’éducation.

Sans investissements ciblés dans les capacités institutionnelles, les aspirations de la Déclaration de Dublin resteront hors de portée.

Le rôle de l’ACBF : investir dans la résilience institutionnelle

La Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), l’agence spécialisée de l’UA pour le renforcement des capacités, fait progresser les efforts de lutte antitabac en Afrique depuis 2014. Maintenant dans sa troisième phase de programme (2023-2027), l’ACBF continue d’aider les gouvernements, la société civile et les institutions de recherche à mettre en œuvre efficacement les dispositions de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.

Principales réalisations :

  • A soutenu l’adoption d’une législation sur le tabac en Gambie, au Gabon, en Éthiopie et en Mauritanie.
  • Renforcement de la capacité opérationnelle d’au moins 13 organisations de la société civile (OSC) pour surveiller, défendre et répondre aux tactiques de l’industrie.
  • A équipé les organisations de la société civile et les départements universitaires de systèmes de gouvernance, de formations au leadership et de stratégies de mobilisation de ressources sur mesure.
  • A contribué à la création de comités nationaux de lutte antitabac dans des pays comme la Zambie, le Niger et le Bénin.

Contrairement aux modèles de projets à court terme, l’approche de l’ACBF se concentre sur la durabilité institutionnelle à long terme, en intégrant la lutte antitabac dans les systèmes et capacités nationaux qui peuvent perdurer au-delà des cycles des donateurs.

Alignement sur la Déclaration de Dublin : priorités stratégiques

Pour traduire la Déclaration de Dublin en actions concrètes en Afrique, l’ACBF, en collaboration avec d’autres partenaires régionaux de la lutte antitabac, continuera d’intensifier son soutien dans cinq domaines clés :

1. Financement durable grâce aux taxes sur le tabac

  • Développer des compétences techniques au sein des Ministères des Finances en matière de modélisation et de simulation fiscale.
  • Soutenir la création et la gestion de fonds nationaux de lutte antitabac.
  • Donner aux OSC les moyens de suivre la mise en œuvre et de plaider en faveur d’un financement durable.

2. Lutter contre l'ingérence de l'industrie

  • Promouvoir l’adoption du Protocole sur le commerce illicite.
  • Élaborer des politiques de conflit d’intérêts conformes à l’article 5.3 de la CCLAT.
  • Renforcer les institutions de surveillance et les mécanismes de traçage et de suivi.

3. Application des interdictions de promotion et de publicité

  • Soutenir la réglementation du contenu dans les industries du divertissement comme Nollywood.
  • Doter les autorités médiatiques d’outils de surveillance des plateformes numériques.

4. Gestion des impacts environnementaux

  • Impliquer les ministères de l’environnement et de l’agriculture dans la diversification des cultures et la réduction de la pollution.
  • Soutenir les évaluations d’impact environnemental et le suivi des données.

5. Promouvoir la collaboration multisectorielle

  • Faciliter la coordination entre les agences nationales, l’UA, l’Africa CDC et les CER.
  • Renforcer la capacité des institutions de recherche à générer des preuves locales pour influencer les politiques.
  • Développer les plateformes d’apprentissage grâce à des initiatives telles que l’Académie Ubora et les centres de formation régionaux.

De la promesse au progrès

La Déclaration de Dublin représente un engagement mondial essentiel pour mettre fin à l'épidémie de tabagisme. Mais en Afrique, où l'ambition politique dépasse souvent la préparation des institutions, la priorité doit être donnée à la construction d'institutions résilientes.

L'ACBF reste engagée dans ce programme. Grâce à des investissements ciblés et à des partenariats stratégiques, nous continuerons de renforcer la communauté de la lutte antitabac en donnant aux gouvernements, aux OSC et aux organismes de recherche les moyens de mener la riposte africaine avec indépendance, crédibilité et durabilité.

Mettre fin à la consommation de tabac en Afrique est possible, mais seulement si nous mettons en place des institutions capables d’apporter un changement durable.

Pour plus d'informations, contactez :

Fatou Diouf, Responsable Communication et Influence 
comms@theacbf.org

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